jeu. 13 août 2020 21:32
Convention nationale réformiste
Campagne Pickett-Wood 179
La soirée commençait et la Convention réformiste, entamée depuis la matinée, battait son plein. Une fois les candidats à la Présidence et Vice-Présidence élus par les délégués, le porte-parole du Comité National du parti, jeune député sealandais, monta à la tribune et s’installa derrière le pupitre.
Bonsoir à tous,
Merci d’être présents pour cette Convention nationale du Parti de la Réforme. Avant que soit cédé le micro à notre ticket, j’aimerais que vous réserviez un triomphe à la présidente du Comité National du Parti de la Réforme, et candidate investie pour l’élection du Gouverneur de Two Rivers, Ladies and Gentlemen, Madame Jenny Howard!
La foule scanda à plusieurs reprises le prénom de sa dernière candidate à la présidentielle qui embrassait le jeune sealandais qui quitta la scène. Elle s’installa tout sourire derrière le pupitre et leva la main en remerciement du public. Une fois le calme revenu, elle commença.
Bonsoir! Bonsoir à tous!
Quel immense honneur que d’être là ce soir, 4 ans après cette campagne de tous les records pour notre mouvement. Quelle joie d’être à nouveau devant vous. Il y a quatre ans, vous me faisiez l’immense honneur de me choisir comme votre candidate à l’élection présidentielle. Nous avions recueilli près de 5 millions de voix. Cette année, je n’ai aucun doute sur le fait que cette barre sera franchie avec aisance par notre candidate.
Un membre du public coupa l’oratrice pour lancer « Kirsten for Président ». La foule fut partagée entre rires et applaudissements. Jenny sourit avant de reprendre le fil de son intervention.
Cette candidature est absolument nécessaire. C’est la seule candidature qui prône l’alternance avec le Président sans plonger le pays dans le chaos. Notre parti est une nécessité démocratique. Il est aujourd’hui la première des alternatives aux deux partis dominants qui minent la démocratie fédérés. Mais aujourd’hui, nous avons un autre rôle, une fonction supplémentaire, celle de seule alternative politique au Président sortant qui ne détruise pas ce pays et son avenir. Qui d’autre sinon? L’Union de la Pastèque, qui propose une vision patriote du socialisme à la Glassberg? Ou alors le ticket arcadien du lunaire Oliver Hamilton, dominé par son colistier socialiste? Le Président n’a aucun opposant crédible dans cette campagne. Jouons ce rôle si personne ne souhaite le faire.
Je veux maintenant en appeler au peuple fédéré. Je sais que parmi vous, beaucoup soutiennent notre projet et notre démarche. Mais beaucoup, effrayés, et c’est bien légitime, par la perspective de voir arriver au pouvoir un candidat progressiste déséquilibré, feront barrage à ce dernier. Amis, les barrages tuent la démocratie. Oui, objectivement, il est peu probable que nous gagnions. Mais chaque voix compte pour nous rapprocher de la victoire. Nous avions rassemblé presque 5 millions de voix il y a quatre ans. Rassemblons-en 10 millions cette fois-ci! Chaque voix nous rapproche de la President’s House. Chaque voix nous rapproche du Congrès! Chaque voix nous rapproche des Governor’s House et des mairies. Nous sommes déjà présents dans les Législatures d’état. Mais nous devons aller plus loin, plus vite si nous voulons changer ce pays et mener les réformes nécessaires.
Applaudissements.
Pour cela, nous avons des candidats dans chacun des états, dans chacun des districts législatifs et à l’élection présidentielle. Je vais vous demander de réserver pour notre candidat à la Vice-Présidence le plus grand des accueils, député de Southymland, Samson Wood!
Les membres du public brandirent des pancartes à la gloire du candidat à la vice-présidence et scandèrent en cœur son nom, tandis que celui-ci glissa quelques mots à l’oreille de Jenny Howard. Il prit ensuite place et commença son discours.
Merci à tous!
Merci chère Jenny!
Bonsoir Basswoods!
Je suis extrêmement heureux d’être ici ce soir. Compte tenu du vote des délégués élus dans le cadre des primaires de notre parti, j’ai l’honneur immense d’accepter devant vous l’investiture du Parti de la Réforme pour la Vice-Présidence de la Fédération-Unie!
La foule ovationna le candidat et scanda son prénom.
Il y a quelques semaines, je parcourais les états de cette Fédération, candidat à l’investiture réformiste. J’avais une volonté, que notre parti soit uni et fort pour remporter plusieurs millions de voix à l’élection générale. Je suis extrêmement heureux de voir que cette volonté d’union est revendiquée par Kirsten Pickett qui, en acceptant de concourir avec moi, marque sa volonté d’unifier le parti.
Cette union est indispensable. Car nous avons des idées à servir. Nous avons des réformes à proposer. Et nous avons surtout une démocratie à préserver. Comment expliquer que les médias censurent complètement un parti qui rassemble pourtant des millions d’électeurs? Par exemple, le débat organisé demain soir sur GIN entre les candidats n’opposera que messieurs Hamilton et McCarthy. Au nom de quoi est-il possible d’accepter que les médias choisissent qui peut être candidat à une élection présidentielle. Car cette question va plus loin. Les médias sont possédés par un groupe de personnes très restreints et très fortunés. Peut-on accepter que les quelques milliardaires puissent choisir qui peut concourir à l’élection de l’homme le plus puissant du monde?
Sifflets nourris.
Nous n’avons pas leurs moyens. Nous n’avons pas de quoi rivaliser sur ce terrain. Alors nous, citoyens excédés par ce système politique qui fausse et pervertit tout, nous avons peu d’armes. Nous pouvons donner, à hauteur de ce que nous avons, pour que le Parti de la Réforme existe malgré la censure. Nous avons franchi récemment la barre des 5 millions de Thaler collectés, je veux vous en remercier.
Applaudissements.
Notre seconde arme est la plus puissante. C’est celle du vote. Prouvez que ces médias n’ont aucun droit de vous voler votre liberté de choisir librement votre Commander in Chief. Prouvez que vous n’avez rien à faire de l’histoire politique de cette nation qui lui donne un honteux système bipartite. Pour cela, il n’y a qu’un vote, celui du ticket Pickett-Wood et je vais vous demander de réserver pour celle qui le mène le plus grand des accueils, Mesdames et messieurs, la députée riversienne Kirsten Pickett!
La foule usa à nouveau de ses cordes vocales pour réserver un accueil triomphal à sa candidate. Elle salua la foule et embrassa Samson Wood. Elle s’avança ensuite au pupitre.
Mes très chers amis,
Compte tenu du résultat des primaires du Parti de la Réforme et du vote des délégués de la Convention, j’ai décidé d’accepter la nomination du Parti de la Réforme en vue de l’élection présidentielle!
Acclamations nourries.
Je suis extrêmement fière d'être la candidate d'un parti uni, rassemblé pour que son projet aille haut dans le débat public et gagne les hautes sphères du pouvoir fédéral. Votre vote massif en faveur de ma candidature montre que vous souhaitez tous une candidature forte et légitime. La légitimité est une question cruciale dans cette élection. Celle du Président n’est pas contestable, il a en effet écrasé la primaire de son camp. Cependant, nous pourrions parler de la légitimité du candidat du Parti Progressiste. Un candidat ayant recueilli 12% des voix dans la primaire de son parti qui est finalement désigné peut-il espérer diriger et unir notre pays? Prenons un exemple. Le Parti Progressiste est censé être un parti bien plus important que notre mouvement et son candidat doit être beaucoup plus légitime que le notre. Prenons la primaire de la capitale fédérale, Saint Paul. Il y a quatre ans, le candidat progressiste Luke Glassberg y avait remporté 36925 voix, quand notre chère Jenny Howard en remportait 112. Luke Glassberg avait donc remporté 36813 voix de plus que son notre candidate. Cette année, le candidat progressiste a totalisé 473 voix, quand j’en ai obtenu 503! J’ai donc obtenu 30 voix de plus dans cette primaire que le candidat progressiste. C’est un fait rarissime qui, en plus de souligner l’absence de légitimité su Sénateur Hamilton, montre que notre parti est le seul capable de rivaliser avec les partis dominants, il est inutile de rappeler que nous avons rassemblé plusieurs millions de voix il y a 4 ans et que nous allons le refaire cette année.
Il y a quatre ans, je me tenais sur cette place devant vous, en tant que candidate au poste de Gouverneure de Two Rivers. Et ici comme ailleurs, nous nous sommes imposés comme le troisième parti du pays, la seule alternative au bipartisme très dangereux pour notre démocratie. Sur cette place, je rappelais combien notre pays est moqué à travers le monde, parfois publiquement par des chefs d’état et de gouvernement, pour ne pas être une démocratie. Et, bien que ce système ait empêché un gaspilleur d’argent public d’accéder au sommet de l’état, le collège électoral est un moyen déguisé de tenir les fédérés à l’écart de la démocratie. Ce système permet d’expliquer à des millions de fédérés que voter contre les deux partis dominants est inutile. Ce système permet qu’un candidat battu de trois millions de voix soit élu Président. Dans quelle genre de démocratie vivons nous pour observer ce genre de choses? J'en conviens, nos élections sont passionnantes à suivre depuis l’étranger. Mais trop de fédérés se sentent floués, et je ne peux que partager leur opinion. Nous voulons restaurer la démocratie dans ce pays et nous commencerons par l’abolition du collège électoral pour une élection présidentielle fédérale qui permettra un respect de la décision populaire.
De nombreux applaudissements émanèrent du public tandis que quelques supporters crièrent « Come on Kirsten ».
Restaurer la démocratie, c’est aussi rendre aux fédérés la possibilité de retrouver confiance en leurs élus. Nous allons mener la guerre à la corruption. Ce programme doit s’appliquer à plusieurs échelles. C’est pourquoi le Parti de la Réforme va dorénavant investir beaucoup plus massivement des candidats pour les postes de procureur, dans les comtés comme dans les états, pour que partout, nous menions une guerre contre la délinquance en col blanc. À l’échelle fédérale, nous lancerons une politique pour libérer le Congrès de ces lobbies de l’ombre qui n’assument rien mais s’activent avec force et rapidité pour détourner les élus de ce qui devrait être leur but : servir leurs concitoyens. Nous ne pouvons plus accepter d’avoir au Congrès des élus qui, sans l’annoncer, servent des intérêts de grands groupes plutôt que ceux des citoyens de leur district ou de leur état.
Huées copieuses dans la foule.
La démocratie passe également par de la représentativité. Depuis la Présidence Campbell, les candidats aux élections présidentielles ont compris que désormais, on ne fait plus de politique sans diversité. On ne peut plus tenir les femmes à l’écart du pouvoir. Conservateurs et progressistes semblaient avoir compris que la parité sur le ticket était primordiale pour unir cette nation. Visiblement attaché aux principes en vigueur lors de sa première arrivée au Sénat, Oliver Hamilton a semblé oublier ce principe en nommant un Sénateur, blanc également, né dans la même ville que lui. Alors je pose la question, ce ticket doit-il rassembler Los Elegidos ou la Fédération-Unie? Aucune diversité, ni de genre, ni de géographique, ni d’ethnie, autant dire que ce ticket ne peut pas rassembler. Je suis heureuse, en tant que femme noire riversienne, de mener cet bataille avec un homme blanc southymlandais.
Ovation.
Au delà du ticket, nous voulons que les Législatures d’État et le Congrès ressemblent à leurs territoires. Nos listes sont représentatives des populations, avec des femmes, des hommes, plusieurs ethnies, plusieurs religions, plusieurs catégories socio-professionnelles. C’est pour cette raison également que nous avons investi autant de femmes que d’hommes pour les élections à la Chambre. Et c’est également dans cette même logique que nous allons imposer aux Gouverneurs de nommer un sénateur et une sénatrice tous les deux ans, pour que le Sénat tende vers la parité.
Plus que jamais, nous sommes la candidature de la démocratie. Plus que jamais, nous voulons que les citoyens soient représentés par des Assemblées à l’image de la société et élues légitimement. Nous voulons que la démocratie revienne dans ce pays. Voter ne veut pas dire que la démocratie est en bonne santé. Celle de la Fédération est gravement malade. Seules deux voix, qui souvent divisent le pays plutôt que de le rassembler, sont autorisées à se faire entendre. Dites leur que c’est trop, que ça suffit! Abattez ce système et libérez ce pays en permettant de mener les réformes nécessaires. Rétablir la démocratie est une priorité que nous accompagnerons de grandes réformes pour dynamiser l’économie et lutter contre la pauvreté tout en luttant contre les déficits publics. Rejoignez-nous! Le combat ne fait que commencer!
Que le sort vous bénisse! Que le sort bénisse la Fédération!
La foule ovationna sa candidate qui salua la foule avec son colistier southymlandais. Sa campagne, démarrée sur le tard, promettait d’être intense.