sam. 4 juil. 2020 14:57
James Callahan avait choisi ce grand parc pour faire son discours sur la diplomatie notamment commerciale. Malgré le revers d'ampleur qu'il s'était pris à Fort Oak, il ne souhaitait pas s'arrêter dans sa campagne et à défaut de devenir le prochain Président de la Fédération-Unie, il importait surtout de faire vaincre des idées au sein du Parti Progressiste, des idées neuves de désétatisation et de liberté.
Il arriva tranquillement sur la scène montée par ses partisans et commença toujours avec la même tranquillité qui le caractérisait son discours.
Bonjour Olympia ! C'est une joie immense que de vous retrouver aujourd'hui afin de parler de ce que sera peut-être dans quatre ans, notre vaste nation.
Sachez d'abord que j'ai pris acte des résultats du caucus de Fort Oak, sans découragement et sans défaitisme. Il faut signaler qu'à l'instar de nos plus hautes élections, le caucas du Fort Oak possède chez les Parti Progressiste, un fonctionnement antidémocratique, c'est à dire que pour peu qu'un groupe à un endroit fasse moins de quinze pourcent, il est éliminé. Je suis bien navré d'apprendre que des dizaines de milliers de progressistes, au mauvais endroit ont dû renoncer à leurs convictions intimes. J'aimerais que notre Parti, se pose un jour la question de ce mode d'élection suranné et jette un jour ce manteau de vieilleries pour que l'on puisse avoir des élections primaires entièrement démocratiques où nos partisans ont chacun une voix qui compte comme une voix au niveau national. Il est plutôt hypocrite pour notre Parti de revendiquer le progrès en conservant un mode d'élection que même le Parti Conservateur a abandonné depuis bien longtemps.
Mais, abordons sans tarder, le thème de mon intervention du jour. Je veux parler diplomatie et cela va sans dire, de toutes les formes de diplomatie possibles. Bien sûr, je ne m'attarderai pas sur chacun des pays qui compose notre monde pour dire quelle position il faudrait que nous adoptassions sur chacun des points où nous pouvons contester et sur chacun de ceux que nous pouvons approuver, mais je veux parler en précision de politiques générales.
Premièrement, j'aimerais vous parler de Narois, du cas de ce pays qui a connu des bouleversements et des renversements récents, et qui ne vont pas aller en s'améliorant. Après avoir connu la dictature de Jude Snow qui a fait passer des lois liberticides, après l'autocratie d'Adolfo Frazzimo qui a appliqué une terreur de masse, dont les élites ne se sont détournées qu'après qu'il attente à leurs intérêts, nous voilà venu à l'absolutisme de Tristan Bunarys. Celui-ci qui se permet de supprimer la Constitution, de décréter des lois qu'il adapte selon ce que fait ceux qu'il a nommé pour légiférer. En somme, malgré l'intervention de la Fédération-Unie, du Royaume de Carlomania et de la République d'Ostaria, rien n'a véritablement changé à Narois. Comme s'il y avait quelque chose de pourri au royaume des Bunarys. Pire encore, en plus de ne pas avoir su garantir la mise en place d'un état de droit à Narois, puisque l'Empereur est seul juge, législateur et exécuteur de l'Empire, notre armée a soutenu la mise en place de ce régime politique et la garantie de sa survie. Comment la première puissance mondiale, le phare du monde libre a t-il pu se laisser à se point marcher dessus par quelques absolutistes ? Comment alors que nous avions l'armée la plus puissante sur place, avons-nous pu laisser au pouvoir les mêmes qui ont déjà engendré deux tyrannies et qui sont en passe de commettre les mêmes erreurs ?
La seule raison c'est que notre Président a toléré ces actes et le recommencement de ces violations des libertés et de la justice, simplement pour servir les intérêts de la Fédération-Unie. Partout dans le monde, les pays sont de plus en plus fermés à la concurrence internationale qu'ils voient, à raison, comme le pillage institutionnalisé de leurs ressources et l'exploitation des peuples tiers. Alors pour que nos entreprises aient toujours des sous-traitants, il fallait que Monsieur McCarthy impose un traité de libre-échange et l'ouverture des capitaux naroisiens aux capitalistes de la Fédération-Unie. C'est ce qu'on appelle l'impérialisme et il s'est matérialisé très concrètement, dernièrement lorsque le Comité choisi par l'Empereur a décidé de mettre en place des droits des travailleurs extrêmement bas. On assiste à une dégradation des conditions de travail ce qui va mener nos entreprises à sous-traiter à Narois, afin de réduire les coûts de production de nos matières premières. Cela va supprimer des emplois industriels en Fédération-Unie et va appauvrir la population laborieuse de Narois.
Ce n'est pas la politique que j'entends mener. Si je suis élu Président de la Fédération-Unie, je rediscuterais les traités naroisiens. D'une part, pour imposer la démocratisation concrète et surveillée du régime, car il n'est pas convenable que l'Empereur change d'avis selon ce que fait ceux qu'ils nomment, pas plus qu'il ne doit concentrer tous les pouvoirs durant la réalisation de la Constitution, qui pourra être retoquée par lui-même quand il le voudra si sa rédaction lui déplaît. Par ailleurs, l'Empereur est revenu sur la démocratisation des législateurs, ils devaient être élus, ils ont été désignés arbitrairement. Et d'autre part, je rediscuterai l'ouverture des capitaux qui sera abandonnée au profit d'un accord équitable.
J'en viens donc à parler de ce qu'est un accord économique et diplomatique équitable. Un accord équitable c'est un accord qui respecte, à mon sens, deux conditions. La première c'est de protéger toujours l'agriculture et le secteur agricole de tous les pays. Pourquoi ? Parce que la productivité agricole en terme de quantités ne diffère pas fondamentalement entre un pays ou un autre, une fois l'industrialisation réalisée. Ainsi mettre en concurrence nos propres agriculteurs avec ceux d'autres pays industrialisés serait une belle bêtise, puisque cela équivaudrait à mettre en concurrence directe nos agriculteurs bien payés avec des agriculteurs sous-payés, ce qui mènera par la loi de l'offre et de la demande à une chute des prix agricoles et donc à un appauvrissement de nos agriculteurs. Président, je serais le défenseur du monde rural et agricole fédéré.
Et je ne nous mettrais pas en concurrence avec des pays pauvres qui pourraient trouver plus profitable d'importer que de produire sur place, parce que cela va provoquer de la pauvreté dans ces pays et la pauvreté croissante, leurs capacités d'achat va baisser ce qui provoquera une crise de surproduction que nous connaissons bien et qui mènera encore une fois, nos agriculteurs à la déroute ayant des réserves pleines sur les bras que leurs clients ne peuvent se payer. Je le répète, l'agriculture doit rester nationale et c'est une condition à toute politique économique et diplomatique, voilà mon credo.
Parlons désormais de la seconde condition qui est la symétrie industrielle. La symétrie industrielle c'est de n'engager des mesures de libre-échange qu'avec des puissances industrielles équivalentes en terme de productivité de valeur et de quantités. En somme, je n'engagerais pas la Fédération-Unie dans un libre-échangisme qui causerait notre mise ne concurrence directe avec les entreprises de sous-traitance du Sunyixian dont la production devient de plus en plus développée. Avant, ils fabriquaient principalement des pièces de voiture, désormais, ils construisent tout le véhicule et leur planification économique leur permet d'avoir des salaires croissants mais des prix de vente bas. Ainsi faire entrer nos entreprises en concurrence avec des pays de ce genre, ce serait dire à nos capitalistes : "allez ! délocalisez !". Non pas, parce que nous leur permettrions et que le rêve de tout patron fédéré est de fuir son pays natal. Mais parce que serait ouvrir la porte à des centaines de milliers de productions à faible prix comparé aux nôtres et ou bien, nos capitalistes feront pression pour réduire les salaires au niveau des salaires étrangers qui sont au Sunyixian très bas vu le modèle économique qu'ils possèdent, ou bien, nos capitalistes mourront puisqu'ils ne vendront plus. Encore une fois, ils auront à faire face à une crise de surproduction, ce qu'ils produisent n'étant plus vendu ; cela provoque chômage, récession et faillite.
Voilà pourquoi, ce qu'il faut craindre et ce qu'il faut éviter c'est l'asymétrie industrielle. Pour une concurrence saine, il faut que celle-ci se fasse dans des conditions équitables. Si dans les sports de lutte, ou de boxe, on trouve plusieurs catégories selon le poids, ce n'est pas pour rien. Il n'y a aucune différence entre le sport et la diplomatie. Si on fait combattre poids pailles et poids lourds alors les poids pailles se feront rapidement battre comme un rien tandis que les poids lourds s'habitueront à leur niveau et leur niveau se dégradera. Si nous concluons des accords asymétriques, nous aurons une supériorité écrasante sur les plus faibles nations qui s'appauvriront et seront soumises à l'insécurité, l'instabilité, l'augmentation de la criminalité, le manque d'industrialisation, le manque d'éducation, etc. Et notre nation qui créera une concurrence inégale, face à des niveaux de rémunération bas qui seront concurrentiels et compétitifs, va devoir se mettre à leur niveau.
Ce qu'il faut donc c'est aider et développer l'industrie étrangère jusqu'à ce qu'elle soit puisse être mise en concurrence avec la nôtre. Le libre-échange n'est pas un problème, mais il n'est pas une solution non plus. Il faut savoir l'utiliser avec parcimonie et il faut savoir utiliser d'autres politiques économiques diplomatiques quand cela s'avère nécessaire. Cependant les conservateurs et Monsieur McCarthy en particulier, semblent avoir oublié ces fondements politiques. Avec cela, vous ne serez pas étonné quand nos entreprises licencieront et délocaliseront à Narois, où la main d'oeuvre est moins chère. Ou bien, il faudra dégrader notre salaire minimal dont, pourtant tout le monde se réjouit, ou bien, il faudra revoir notre politique économique pour que notre consommation finance l'emploi fédéré en premier lieu.
Vous avez le droit de vouloir financer par vos achats, les emplois étrangers. Mais il sera ensuite trop tard pour se plaindre du chômage et de la pauvreté en Fédération-Unie. La relocalisation c'est la meilleure solution pour redynamiser la croissance, réduire le chômage, la pauvreté et pouvoir augmenter encore le niveau et les conditions de vie de tous les fédérés qui ont à coeur le goût du travail et de l'effort. Voilà, ce qu'est une vraie méritocratie, et c'est cela que je veux appliquer, pour nous redevenions le phare du monde libre. Oui, je dis bien le phare. Et à manquer de raison quand on aborde la politique diplomatique, à manquer de réflexion, à manquer de clairvoyance, nous ne sommes plus le phare du monde libre. Le phare du monde libre, ne peut être sans être éclairé, il ne faut regagner cette position de supériorité par la réflexion, la raison et la pertinence, et la cohérence éclairée qui guident notre action et non par une stupide exhibition de biceps, comme l'a fait McCarthy.
Nous avons la plus puissante industrie, mais pour que ça continue, il faut cesser ces appels à la compromission et à la délocalisation que sont ces asymétries diplomatiques. Il faut cesser avec les bancales pensées chancelantes et faillibles qui forgent pleines de failles, nos actions, traités et accords internationaux.
Vive la Fédération-Unie ! Et vive sa grandeur !