mar. 24 déc. 2019 19:06
Bredan Tillman avait décidé de lancer sa campagne pour obtenir l'investiture. Il avait méthodiquement organisé sa campagne et il devait donc commencer par présenter sa pensée vakéministe afin d'éloigner le spectre d'une mésentente à ce sujet, tant il y avait de désinformation face au vakéminisme dans la Fédération-Unie, au dessus de la tribune flottait sa banderole "Pour un autre avenir" accompagné d'un "Tillman Président", d'un marteau et d'une faucille entrecroisées à la novgardoise. Il monta sur la petite scène et une fois à la tribune bu le shot d'eau qu'on lui avait préparé. Il approcha ensuite le micro de sa bouche et se lança.
Braden Tillman : Bonsoir chers amis ! camarades, même ! dit-il en faisant le salut vakéministe
Ce soir, je dois vous parler d'une chose qui m'importe beaucoup puisqu'il s'agit de l'importance du vakéminisme et de son application en Fédération-Unie. Beaucoup d'entre vous ignorent sans doute encore ce qu'est le vakéminisme et j'ai pour devoir de vous l'expliquer. Ce n'est pas une idéologie, mais un prisme au travers duquel analyser le monde qui nous entoure, c'est ce refus de la stagnation et du principe et la volonté de pragmatisme. La vision idéologisée qu'en donnent les médias et les penseurs de nos jours n'est qu'un homme de paille argumentatif qu'il ne nous faut pas défendre d'un seul effort. Le vakéminisme est et restera la seule pensée anti-idéologie.
Prenons la révolution qu'il nous faudra mener. Vakémine savait que la révolution pourrait prendre différentes formes au regard des sociétés très divergentes qu'il observait à travers le monde et qui lui a été donné de rencontrer durant ses exils de Sravie. Et quand il disait "Une révolution sans peloton d'exécution n'a aucune chance", il ne parlait que de la sienne. Compte-tenu de l'apprentissage qu'il fournit au fil de ses articles, le pragmatisme, fondement du vakéminisme, m'oblige à remettre sa phrase au goût du jour : "Une révolution sans peloton d'exécution a tout son sens".
Et c'est bien celle-ci que j'entends mener, avec vous, une révolution sans tâche de sang, sans épuration, sans calomnie, sans complot et sans cabale. Pourquoi une révolution ? Parce que la politique menée depuis trop longtemps par les pouvoirs de la Fédération-Unie ont vicié sa capacité à se réformer et à s'améliorer. Ainsi nous ne pourrons jamais parvenir à un régime socialiste à partir des institutions fédérées, ce qui impose une destruction et une reconstruction. Elle ne se fera pas n'importe comment bien entendu et nous devrons veiller à méthodiquement s'assurer du soutien des organes coercitifs de l'Etat ou bien à leur destruction avant de basculer dans un régime républicain et socialiste. Voilà l'objectif du vakéminisme que je porte en moi et que je porte aux élections. Il nous faut sur le long terme aller vers un affaiblissement des outils de l'état pour changer durablement la donne. Au vu de la société actuelle, destructrice de l'homme et de la nature, nous ne pouvons pas continuer ainsi, il en va de notre survie commune. On ne peut pas faire usage de barbarie envers notre planète.
Non vraiment, l'inégalité et les destructions barbares sont des luxes que nous ne pouvons plus nous permettre.
Mais comme aucun de vous ne l'ignore, l'homme ne s'est pas fait en un jour, et nos objectifs ne sauraient être posés directement comme façade. Pour fonctionner, nous devons voir méthodiquement l'avancée socialiste et celle-ci ne peut fonctionner dans notre pays que par des revendications. La revendication vakéministe est celle qui est assez proche du quotidien du quidam pour lui donner le sentiment d'être concerné et qu'il prenne conscience de ce que ça le concerne, ; qui est la réponse à une analyse portant sur un problème ou un fait sociétal à améliorer ou corriger ; qui est enfin un moyen de parvenir au socialisme voire au communisme de manière logique. Aussi chacune des revendications du parti communiste-vakéministe doit être triviale, méliorative, juste et utile. Prenons des revendications faussement socialistes.
Prenons pour exemple, la hausse du pouvoir d'achat. C'est une revendication populiste et bassement électorialiste car elle n'est que triviale, c'est à dire qu'elle concerne les gens, certes, mais elle n'améliore pas leur situation, ni la situation globale même si ça peut sembler contre-intuitif. Si on améliore le pouvoir d'achat, on permet aux gens d'acheter plus mais pas d'acheter mieux, car les productions proposées au commerce sont les mêmes. C'est simplement continuer la démocratisation du consumérisme qui tue l'homme et la nature, ce n'est donc ni mélioratif, ni juste. Enfin, cette mesurette ne fera qu'habituer la population à un train de vie faste et bien au de-là des moyens de notre planète et de nos peuples, et habituer les gens à se gaver hors de nos limites est tout ce qu'il y a de plus capitaliste, car cela maximise les profits directs sans considération d'avenir.
De même lorsque la candidate Barrett dont le principal argument de vote est la féminité, nous dit qu'elle limitera le temps de travail à 40 heures sans heure sup' et à 47 heures avec, c'est une absurdité sans nom. Nous sommes l'un des pays avec la plus grande productivité par heure et nous devrions travailler plus de 35 heures par semaine ? Alors même que les pays les plus productifs sont ceux qui ont un nombre d'heures travaillées hebdomadairement en dessous des 35 heures. Il paraît que c'est "stratégique" pour que les gens ne prennent pas peur d'un certain "sectarisme". Qui aurait peur de travailler moins et de gagner autant ? Voire plus ? A ce niveau-là, quand on a une revendication socialiste altérée de la sorte, ce n'est plus de la stratégie, c'est mettre de l'eau dans son vin, c'est se rabaisser au niveau de l'ennemi.
Mais tant mieux, car c'est cette absence d'identité socialiste qui fait que Madame Barrett serait compatible avec des électeurs conservateurs qui la fera chuter. Quand une progressiste calque ses revendications sur ce que les conservateurs trouvent acceptables de défendre, pourquoi voterait-on pour elle ? Les fédérés préféreront toujours l'original à la copie !
D'ailleurs je me permets une petite parenthèse pour parler de celle qui est venue ici dernièrement. Son 1% de taxation sur les importations par aviation ne sont que de la poudre aux yeux et un miroir aux alouettes. Mais vous n'êtes pas des alouettes. Tout le monde voit clair dans son jeu. Elle vend son programme pas cher et se veut un attrape-tout. Elle concède sur tous les sujets et prétendant se battre contre les lobbys, sous prétexte d'être fédératrice, elle se soumet d'elle-même à leur attente dans une autocensure écoeurante des idéaux progressistes. Sa logique de la nation tout entière, c'est la logique des lobbys tout puissants. A force de concéder, son électorat va céder, elle se retrouvera comme un con et ça ne sera que justice rendue.
Mais fermons cette parenthèse, elle ne mérite pas tant d'intérêt et de réflexion puisqu'elle même n'en fait pas preuve d'autant, après tout ce n'est pas Barrett qui va barrer le chemin au progressisme.
Pour en revenir au sujet de mon meeting, je crois avoir défendu devant vous, la structure de ma politique, sans obombrer un seul détail. Désormais que vous savez quels sont mes manières de faire et mes revendications, je crois qu'il est pour moi tant de présenter les grandes directives de mon programme. Que dis-je les grandes directives ? La seule grande directive que je suivrais sera le socialisme parce qu'avec l'élaboration du socialisme c'est toute la société qu'on révolutionne. Du socialisme et de son établissement naît toutes les émancipations.
Il ne suffit pas d'être une femme pour libérer la femme comme le prétend Mme.Barrett, une fois de plus dans l'apparence. En cela, elle est le reflet d'une idéologie destructrice : le gauchisme. Le gauchisme, c'est ce qui gangrène le progressisme et ne donne que l'apparence de la gauche avec un programme droitier. Mais revenons-en à la libération de la femme. Si on veut qu'elle s'opère, il ne suffit pas de placer des femmes aux plus hautes fonctions de l'état. Ce qu'il faut pour émanciper la femme, c'est émanciper les femmes. Il ne s'agit pas de faire la réussite d'une femme mais la réussite de chacune, et cela passe par la défense et l'octroi de droits à toutes les femmes, par exemple un avortement libre et gratuit, un accès total aux moyens de contraception, notamment non-hormonaux et qui ne servent pas l'intérêt des grandes firmes pharmaceutiques, un salaire égal à celui des hommes, un congé maternité plus étendu, etc. Car il faut bien se le dire, la vie d'un ouvrier est dure, mais celle de l'ouvrière est pire !
Heureusement dans la lutte socialiste, la femme est l'égale de l'homme et l'homme est l'égal de la femme. Prétendre avoir le monopole du féminisme du fait de son sexe de naissance c'est dans la même logique que ceux qui prétendent que le monopole des directions d'entreprise ou de pays doivent être réservées aux hommes, car dans les deux cas, on nie l'individualité des humains et leur capacité à penser en dehors de leurs parties génitales.
Un féminisme aux mêmes vices que le patriarcat, n'est qu'encore du gauchisme d'apparat, une parure pour dissimuler un vide existentiel de théorie et de cohérence.
L'environnement aussi sera préservé par le socialisme. Pas avec des taxes ridicules sur les importations par avion, mais avec des actions concrètes comme la limitation de l'usage de l'avion, la fin des programmes spatiaux, la priorité aux productions locales, la taxation massive de tous les produits importés pour des raisons futiles, soit parce qu'on en produit déjà en Fédération-Unie à une échelle suffisante pour répondre à nos besoins, soit parce que ce sont des fruits et légumes par exemple, qu'on ne devrait pas manger en cette saison. Manger des tomates en hiver est une habitude capitaliste qui doit être combattue, car ce n'est pas un choix, contrairement à ce que pensent les gauchistes ou les conservateurs, mais c'est un crime contre l'environnement. Il faudra réguler durement notre économie, son fonctionnement et ses méthodes car ce sont les premiers moteurs de la destruction de notre planète. Il faut voir le problème en face et l'attaquer frontalement. Ce ne sont pas les mesurettes de gauchistes qui répondront aux nécessités environnementales, car sauver la planète n'est pas qu'un enjeu électoral mais une nécessité à laquelle nous ne devons pas nous dérober.
Or la seule personne que je vois en parler sérieusement, ne propose que de se dérober en offrant quelques sous-actions pour tout de vert se ripoliner.
Voilà deux pans que je souhaitais aborder aujourd'hui. Voyez donc quelle cohérence m'anime et quel désir d'une société méthodique, réaliste, socialiste et profondément humaine me fait concourir aux élections présidentielles. Sachez d'avance que je me battrais jusqu'au bout pour éviter les dérives droitières qui sévissent au sein du parti progressiste, et je souhaite que notre société s'améliore et cette amélioration ne passera pas avec des promesses qu'on fait entre deux belles phrases pour briller en élection, pour paraître progressiste, mais par des revendications vakéministes, c'est à dire née d'une analyse correcte, répondant à un problème actuel et menant vers la voie de la société communiste.
Merci Los Elegidos ! Merci ma ville d'adoption ! Vive les fédérés ! Vive le socialisme !
Braden quitta la scène sous les applaudissements et les huées, il sortit dans la nuit noire du gymnase pour parler avec quelques responsables du Parti Vert, ses camarades puis répondit à quelques questions de spectateurs visiblement très enthousiastes.