lun. 30 déc. 2019 01:00
Discours de William McManus (29/12/172)
William McManus continuait tranquillement sa campagne et avait décidé de jouer le grand jeu dans cet état plus que stratégique en dévoilant son grand plan social. Chose d'ordinaire assez extraordinaire pour un conservateur, cependant que son plan visait à maintenir un dialogue et un équilibre dans le jeu social. Il voulait apparaître comme le candidat de l'ordre social et du pragmatisme.
Il arriva devant la foule qui l'acclama, mais ce n'était que justice, il était en passe de dépasser le président pro tempore du sénat et il était à l'image d'une jeune frange du Parti qui ne se reconnaissait plus dans les actions dépassées des aînés et n'aspirait plus qu'à un conservatisme moderne.
Il se positionna face au public, sourit de ses plus belles dents et commença.
William McManus : Bonsoir mes amis,
Ce soir, je ne vais pas vous parler de l'armée, de nos vétérans, de quelques amis à moi ou de mes compagnons d'école. Non, je veux vous parler à vous tous car quand je m'adresse à la nation en tant que candidat, je ne m'adresse pas à quelques personnes mais à toutes, car ce sera vous tous qui seraient concernés par mes décisions de Président si tel est la destinée que vous me destinez. Aussi, je ne m'adresserais jamais à une seule frange de la population, mais toujours à toutes, mêmes celles que j'abhorre car c'est cela la Fédération-Unie. Je ne forgerais pas par ma politique de système de faveur pour telle ou telle personne car un seul principe universel doit conduire une politique conservatrice à l'heure du couchant du premier siècle, et ce principe c'est la justice. La justice c'est l'équilibre, c'est l'équité, c'est la récompense de l'effort à sa juste valeur, c'est tout cela que je vous adresse et vous souhaite de tout coeur de connaître et de reconnaître en votre prochain président ou présidente.
A ce propos, je crois que monsieur McCarty quand il tient des discours dans une académie militaire de Phylicie, ne correspond pas aux attentes des fédérés et donc ne doit pas devenir le candidat des conservateurs. Car ses propositions étaient totalement clientélistes et elles ne vont pas dans l'intérêt général et dans le sens de l'Histoire. Sa préférence pour les vétérans, dont il fait partie, ne sont pas justes et aucun patriote ne doit se croire obliger d'y adhérer malgré ce qu'il prétend. L'amour pour les anciens combattant fait battre le coeur de chaque fédéré, mais le système préférentiel que souhaite leur accorder McCarthy n'est l'apanage que de lui-même et du collectif Veterans for McCarthy. Si comme moi, McCarthy avait voulu proposer une solution juste aux problèmes que rencontrent les vétérans, comme bien d'autres, il aurait proposé un système de compensation pour permettre aux fils de la patrie d'avoir un accès gratuit et privilégié aux assistances de santé. Parce que s'il avait regardé par de-là l'électorat qu'il souhaitait viser, il aurait vu que d'honnêtes travailleurs qui donnent leur santé pour la Fédération-Unie méritent autant que les vétérans ces aides ! Prenez les sportifs qui sont la fine fleur du soft power fédéré. Ils s'usent vite la santé et eux aussi méritent leur part de congratulations et d'aides. Les fonctionnaires, les pompes funèbres, les chirurgiens, les personnels en maison de retraite, les gardiens de prisons, et j'en passe, vivent eux aussi des expériences traumatisantes avec parfois, je reconnais aux progressistes ce constat, des salaires trop bas pour se payer une bonne mutuelle et une bonne assistance psychologique. Et eux aussi doivent avoir un système spécial pour les services rendus à note nation.
Le problème de McCarthy c'est d'abord sa position surannée. Il se veut être un candidat qui rassemble aujourd'hui avec des slogans d'une autre époque. L'armée n'est plus le ciment électoral qu'elle était au temps où la guerre était encore trop courante. Aujourd'hui, et surtout pour ces présidentielles, il y a plus important. Il faut obtenir la présidence qui a été obtenu par les progressistes, non pas pour les réponses qu'ils ont apportés aux problèmes des gens, mais pour les avoir soulevé et notre parti a refusé de voir ces questions et s'est voilé la face, ce qui lui a coûté beaucoup. Et aujourd'hui, quand bien même mon concurrent s'intéresserait aux maux de notre temps, et non plus du sien, il apporterait de mauvaises réponses à des problèmes qu'on ne peut pas prendre à la légère.
Face à la montée des idées progressistes sur le plan social, il faut une contre-attaque conservatrice. Celle-ci ne peut se passer des constats progressistes et doit obtenir un compromis, c'est à dire un équilibre juste. C'est à la fois ce qui nous fera gagner la présidentielle et qui améliorera la vie de concitoyens à qui nous ne nous sommes jamais adressés à tort, bien entendu. Car il serait fou et faux de s'entêter avec nos vieilles idées en se ripolinant simplement de la peinture patriotique. Non, le conservatisme d'il y a cinquante ans n'est pas le patriotisme d'aujourd'hui. Il faut se renouveler et renouveler la manière d'appliquer le libéral-conservatisme sans quoi, notre parti est voué à l'échec. Nous sommes conservateurs, pas réactionnaires, il faut voir le temps qui passe et s'adapter, non se cramponner à des vieux constats périmés et tenir les mêmes discours qui auraient pu fonctionner du temps de la fleur de l'âge de McCarthy. En ce sens, cet équilibre social que je propose, sera un deal qui nous établirons entre l'état fédéral d'une part, et nos fleurons de l'assurance, de la banque et de la bourse pour créer un système fédéral mixte entre public et privé.
Ce que je désire c'est un système universel et unique d'assurance et de retraite par capitalisation. En ce qui concerne les assurances, il s'agira de créer une offre universelle que chaque assurance devra proposer en plus de celles qu'elle propose déjà et à laquelle elle sera contrainte d'accepter toutes les demandes. Ce ne sera pas une assurance pas chère avec des garanties à gogo, mais une offre proportionnelle, en somme, plus vous cotiserez plus vous aurez de couverture et ce, proportionnellement pour tout le monde. A côté de cela, il existera un fonds d'aide fédéral pour les petits revenus et les précaires, co-financé par l'état fédéral et une part des bénéfices du système universel des assurances, ce fonds sera capitalisé chez des banques garantes des sommes afin de faire prospérer la somme qui couvrira les précaires et les petits revenus tout en faisant tourner l'économie. De même, enfin pour les retraites qui sera à point. C'est à dire que vos cotisations vont être investies tout au long de votre vie et vont donc vous rapporter plus à la fin de votre vie que si nous les avions simplement garder sous un matelas. C'est un cercle vertueux, vous cotisez pour investir, votre cotisation crée immédiatement de la richesse et les dividendes qui vous sont dues seront votre retraite ! Ce système révolutionnera la retraite des classes moyennes et fera durablement progresser l'investissement et le niveau de vie des personnes âgées. Et dans la retraite aussi, il existera un fonds fédéral pour les précaires qui n'auraient pas travaillé assez longtemps, assez dur ou auraient des problèmes de santé les empêchant de travailler. Contrairement à ce que prétendent les progressistes, les conservateurs ont un coeur et lorsqu'on voit une personne handicapée par sa santé, on ne peut que lui venir en aide, de même quand on voit un abruti innocent qui a flâné toute sa vie plutôt que travailler. On ne va pas lui offrir une villa avec vue sur la mer, mais un minimum pour vivre.
Le système que je propose, ne sera pas plus complexe bien que notre pays soit complexe. Ainsi, je vous ai déjà dit mon désir d'abolir le salaire minimum fédéral pour faire un système qui s'adapte au coût de la vie de là où on habite, eh bien avec mon système, cette réalité suivra. Mais si vous voulez changer de lieu de vie et vivre dans une grande ville après avoir travaillé jusqu'à votre retraite en campagne, pas de soucis, nous aurons un bureau chargé d'aligner les retraites et couvertures selon la différence entre le coût de la vie avant et après votre déménagement.
Ce système-là sera surtout celui de l'égalité et de la responsabilité. Puisque chaque client qui donnera un Thaler aura droit aux mêmes couvertures et retraites, alors il appartiendra à chaque client de se montrer responsable et de juger quel budget il doit garder pour cotiser. Comme dans une boulangerie, quiconque possède un Thaler peut acheter une baguette de pain, c'est un système profondément égalitaire.
Cependant j'entends déjà dans le fond les socialistes me dire que dans une boulangerie certains ont 100 Thalers en poche, d'autres 2 et d'aucuns 2000. Je leur réponds que cette différence ne vient que du mérite et que celui qui n'a plus que 2 Thalers en poche, ou bien a été irresponsable dans ses dépenses, ou bien a été irresponsable dans sa vie professionnelle. On doit mettre chacun devant ses responsabilités car nous avons passé l'âge de tenir par la main, les citoyens et de les assister. Puisque vous avez la liberté d'utiliser de l'argent, vous avez la responsabilité de bien l'utiliser.
Ce système social sera mixte donc, ce qui lui promet un bel avenir devant lui, car rien n'est mieux géré que ce qui est géré par l'état et les entreprises privées. Quand le premier administre, la qualité n'est pas au rendez-vous à cause du monopole, du manque de concurrence, de la corruption croissante des administrateurs et il s'avance même vers un certain totalitarisme abject. Quand le second administre seul, c'est la concurrence déloyale, les coups bas et l'injustice, les politiques libérales que nous avons défendu par le passé, ont démontré cela et nous devons rebondir et proposé une solution nouvelle. C'est celle-ci que je vous ai présenté aujourd'hui.
Pour en revenir aux vétérans, à nos médecins légistes, à nos sportifs de haut-niveau, nos joueurs de poker, pour qu'ils puissent vivre décemment, il leur faut un système adapté. Le mien ne semble pas correspondre avec eux, puisqu'il se base sur un parcours long de cotisation et régulier, or ces gens-là ne peuvent pas, du fait de leur condition de travail, répondre à ces critères. Eh bien, nous devons les voir comme des handicapés dans la définition du travail méritant que nous avons. Puisqu'un sportif de haut-niveau ne peut pas travailler toute sa vie, il lui faut un fonds d'aide pour qu'il jouisse d'une couverture santé, d'une retraite, d'une bonne mutuelle tout au long de sa vie. Comme un médecin légiste, un chirurgien en soin palliatifs ou un vétéran peut avoir besoin d'une assistance psychologique régulière, on doit leur accorder une aide pour qu'ils aient une couverture santé qui couvre cela sans qu'ils aient à payer des cents et des mille. Ainsi donc, je fonderais en plus du Fonds d'Aide Fédérale Sociale, un Fonds d'Aide Fédérale Spéciale qui permettra les adaptations parmi lesquelles celles que je vous ai présenté, mais bien entendu j'en préconise bien d'autres.
Ces FAFS permettront donc de répondre par de vraies réponses à de vraies questions. Contrairement aux électoralismes de McCarthy, je veux un système juste, légitime et universel. Et non pas de promesses pour ses amis, faites devant ses amis.
Contrairement aux systèmes de sécurité sociale et de retraite publique que les progressistes proposent, mon système est pragmatique, réaliste et fédérateur. Et si nous ne proposons pas une solution comme celle-ci aux élections présidentielles alors que le fer de lance des progressistes, est justement ces systèmes sociaux qu'il faut rénover en Fédération-Unie, moi je vous le dis sans détour, la Présidence de la République va nous passer sous le nez comme la dernière fois. Si on continue d'éviter le problème, on va droit dans le mur. Il faut savoir s'adapter aux aspirations nouvelles du peuple, le peuple réclame une politique sociale plus juste, il faut savoir y répondre sinon on devient archaïque et on tombe en désuétude au profit des progressistes.
Je vous le dis tout net, si vous voulez un Président Conservateur, déposez un bulletin non-blanc et ne votez ni Rhodes, ni McCarthy !
Applaudissements mêlés de rires du public
New-Lysea, je te remercie pour ton soutien !
William quitta la scène sous les applaudissements et alla débriefer avec son équipe de campagne plus ou moins enthousiaste des derniers sondages. Il serra des mains en sortant, beaucoup de mains de ses partisans, signa quelques autografes mal-orthografiés car il commençait à se fatiguer, prit quelques selfies avec des fans et s'en alla dormir dans la voiture qui l'emmènerait vers son prochain lieu de meeting.