jeu. 7 oct. 2021 07:11
Aaron Schmitt :
Bien. Poursuivons donc. Les électeurs ont pu être tenus au courant de vos diverses positions vis-à-vis de la politique économique. Nous allons à présent aborder la question, houleuse, scandaleuse, du droit à l’avortement.
Madame Brown, c’est à votre tour de commencer.
Lily Brown :
Hé, bien, je crois que vous donnez déjà une partie de ma réponse dans votre introduction, Monsieur Schmitt. Fervente constantine depuis mes premières années d’éveil à la foi, j’apporte à la vie une forme toute particulière de considération. J’estime véritablement que c’est un objet sacré et qui doit donc être considéré comme un don, quelque chose de très précieux à protéger.
Il est des réalités dans notre pays où malheureusement l’avortement est ouvertement pratiqué, sans vergogne, ni morale. La vie est sacrée, la retirer est un véritable crime. Jeune militante, j’étais pour une interdiction pure et simple de cette pratique que je considérais comme étant le fruit du démon.
Même si aujourd’hui, je peux le dire, mon point de vue à quelque peu changer, je reste tout de même très attachée aux valeurs de la foi constantine qui structurent aujourd’hui réellement ma vie et mon système de pensées. J’ai rencontré de nombreuses femmes qui m’ont fait part de leurs expériences avec l’avortement. Elles s’estiment sauvées mais coupables. Sauvées du poids de la vie, de la responsabilité d’élever un enfant ? Dans une économie en mauvaise santé et dans un monde de danger, gangréné par l’eibadisme fondamentalisme, c’est compréhensible, mais pour autant non justifiable. C’est un acte de terreur, de repli et de défaitisme. Et pourtant, la vie est un combat que seuls ceux qui le veulent perdent.
Nous ne serons pas de ceux qui prophétisent la défaite et la soumission. Nous serons de ceux qui défendent la valeur de la vie, comme un combat, comme un gant jeté à la face de l’ennemi. Nous cracherons sur leurs corps étendus dans la clairière de notre victoire. Je vais donc vous le dire très clairement, je suis contre l’usage de telles pratiques à une condition seulement, une seule et unique : je cautionnerais l’usage de l’avortement dans le cadre d’un viol.
Mais seulement, en ce cas unique. Puisque l’enfant qui naîtra de ce genre de rapports est l’antithèse des hommes audacieux et des femmes fortes dont à besoin le pays. D’autant plus que le père sera sûrement un émigré eibadiste fondamentaliste, ennemi premier de notre patrie pour laquelle je me bats. Le sol fédéré ne portera jamais un seul enfant de son rival. Le Sort préservera la valeur de la vie qui naît sur nos terres. Il baignera nos enfants dans la gloire, dans le halo de notre victoire et de notre drapeau.
Aaron Schmitt :
Bien, je vous remercie pour cet éclairage, Madame Brown. Monsieur Randerson, c’est à votre tour.
Michael Randerson :
Mon avis reste très simple, c’est un avis que je partage avec bon nombre de mes collègues, notamment madame Brown, bien que je sois visiblement plus raisonné que cette personne.
Lily Brown :
Je ne vous permet de parler de la sorte !
Michael Randerson :
Humm, donc comme je le disait, Je suis contre l’avortement, autant sur le plan religieux que sur le bilan humain, comment pouvons nous décider de retirer la vie a une personne sous pretexte scandaleux quelle sois concu dans notre ventre ? Nous c’est intolérable et inconcevable.
Si un parent ne souhaite pas garder son enfant, il ne le gardera pas et le remettra à l'état, puisqu'il compter le tuer, ni plus ni moins, il ne se plaindra pas de perdre la garde de cet être humain innocent qui n’a rien demander a personne, sauf de pouvoir vivre librement.
Si je deviens gouverneur donc, nous mettrons en place un vaste plan de récupération et de tutelle d'enfants qui sont abandonnés ou non désirés, Cette mesure sera mise en route suite à l'interdiction pure et simple de l’avortement dans notre état, et cela même en cas de viols, car un enfant ne demande rien a personne avant de commencer a existé.
Cet acte est barbare, et selon moi contre productif si nous voulons que notre population reste la plus grande de notre planète.
Lily Brown :
J’en ai presque la larme au coin de l'œil, Monsieur Randerson. Vous faîtes preuve du même genre d’humanisme puéril que l’on retrouve chez les progressistes ! Un élément de plus qui me permet d’affirmer à nouveau que vous n’êtes plus des grands ténors du Parti. Mais que voulez-vous, ainsi soit-il !
La proposition de mon contradicteur, si je ne m’y oppose pas dans le simple cadre de l’idée, je suis poussé à m’y opposer d’autres manières. Par pragmatisme. Il est bien beau de vouloir récupérer les enfants des autres, mais qui va encore payer pour les âneries des flemmards et des assistés ?
Michael Randerson :
L’éducation et un investissement sur le long terme madame Brown, l’état sera bénéficiaire de tout c’est jeunes talents une fois adultes.
Lily Brown :
Encore une fois, laissez-moi parler, Monsieur Randerson ! Ce sont donc les mêmes qui travaillent en se levant à 6h du matin tandis qu’ils voient leurs voisins se lever sous les coups de midi, profitant des allocations d’un Etat progressiste miséreux qui ne sait pas se soigner.
Certes, l’enseignement est un investissement sur le long terme, mais le sol fédéré n’a pas à supporter des rejetons du malheur et de l’impie espèce, des ennemis de notre patrie. En tout cas, l'État du Northunderland n’assurera pas la tâche d’en prendre soin. Car ce sera un Etat véritablement patriote. Nous enjoindrons les parents à prendre leurs responsabilités sous peine de poursuites judiciaires. Et pour ceux qui ne sont même pas du même rang que nous, c’est-à-dire, nous, les glorieux citoyens libres et fédérés de la Fédération-Unie, nous n’aurons même pas un regard.
Nous devons être absolus et déterminés sur ce point. Interdiction pure et simple de l’avortement, sauf en cas de viol, car la Fédération-Unie ne porte pas le poids des horreurs de son ennemi. Répression pénale des parents qui ne prennent pas leurs responsabilités envers leurs enfants et appel à la solidarité nationale, dans le cadre des familles d'accueil fédérées et constantines, qui elles, seront les seules vraies composantes de la société à en vouloir et à pouvoir les élever dignement comme le sont leurs camarades de classe et leurs amis.
Aaron Schmitt :
Monsieur Randerson, un commentaire ?
Michael Randerson :
Oui bien sûr, je vous remercie.
A vrai dire, Madame Brown explique très bien en quoi elle est intolérante envers une frange de la population, pour les enfants “monstrueux” qui émane de viols, elle montre donc qu’elle n’a pas appris le premier devoir de la religion dont elle se revendique ouvertement.
La compassion et surtout le pardon, les deux grandes valeurs de l'Église Constantine.
Je vous prie d'arrêter d’attaquer ces pauvres enfants qui n’ont rien demander à personne, soyez donc tolérante et ayez de la compassion puisque vous vous revendiquer Constantine madame Brown !
Le monde ne s’en retrouvera que plus beau et plus calme surtout.
Lily Brown :
Monsieur Randerson, je ne ressens aucune compassion, ni aucune pitié pour les enfants de l’espèce impie qui menace notre pays et agit déjà contre nous dans nos propres quartiers. Vous avez connaissance, comme moi, de l’insécurité grandissante qui gagne nos cités et nos banlieues. La République, l’Etat, la Sécurité et les Libertés y sont des notions abstraites et dissoutes au profit de la Loi sacrée de l’eibadisme, qui leurs commandent à tous de nous soumettre ou de nous éliminer.
Michael Randerson :
Je ne sais pas d’ou Madame Brown sort le fait que les eibadistes contrôlent nos banlieues, mais puisqu'elle semble maîtriser son sujet fantaisiste, écoutons la.
Lily Brown :
Ne faites pas la taupe, vous le savez comme moi ! C’est un éminent problème de sécurité publique. Il faut voir le problème en face, avoir l’ambition de s’y opposer, au nom du Sort, au nom de la protection de son Nom et de celle de sa Communauté ! La compassion de l’Etat à des limites, elle s’arrête là où commence l’irrespect de ses ennemis.
Vous, vous n’avez véritablement aucune force pour vous opposer à quoi que ce soit, ni mener aucun projet ambitieux et prospère pour notre Etat. J’espère que les électeurs conservateurs ont pu s’en rendre compte ce soir.
Aaron Schmitt :
Monsieur Randerson, avez-vous quelque chose à dire ? Nous pouvons conclure si vous le souhaitez tous les deux.
Le journaliste les regarde. Tous deux acquiescent pour conclure.
Monsieur Randerson, c’est à vous.
Michael Randerson :
Les citoyens de notre État on donc pu voir ce soir ce que j’avais à proposer sur deux grands sujets importants, et je suis plus que déterminé à tenir tous les engagements que je vous ai présentés ce soir.
C’est en observant les propositions extrêmes de madame Brown, de son espèce de “New Deal” économique et surtout de sa xénophobie avérée et sans fondement que j’ai véritablement envie de faire barrage en ne me laissant pas faire.
Même si elle vous a répéter comme un message subliminal que je n'étais pas conservateur, je le suis probablement depuis plus longtemps qu’elle, mais je sais que les honnêtes électeurs de notre état ne se laisseront pas duper par cette candidate.
Je porte avec moi un programme équilibré et surtout juste, qui saura préserver l'intégrité de notre état et surtout de notre population, Un votre Randerson sera un vote de bon sens, un vote pour un avenir stable et surtout contrôler.
Je remercie ici ce soir les fédérés qui m’on écouter, je remercie aussi Madame Brown pour sa sincérité pendant le débat, qui a était un exercice démocratique intéressant, Merci également à vous monsieur Schmitt pour votre arbitrage très professionnel.
Que le Sort Bénisse la Fédération et qu’il Bénisse le Northunderland.
Aaron Schmitt :
Madame Brown, c’est à vous.
Lily Brown :
Je tiens à vous remercier Monsieur Randerson et vous aussi Monsieur Schmitt pour ce débat qui aura su montrer aux derniers indécis, quelle candidate il leur faut. J’ai pu affirmer durant cet échange des idées claires et des propositions franches. Elles sont toutes nées d’un sens aigu du pragmatisme qui me caractérise et d’une volonté féroce de viser la prospérité, le plein emploi et la sécurité pour notre bon Etat du Northunderland.
Les propositions de Monsieur Randerson parlent d’elles-même. Cet homme, aussi respectable et intelligent qu’il est, et je parle sans ironie car je le considère hautement comme un grand intellectuel, n’est plus de notre Parti chers amis. À l'État du Northunderland, il faut une tête ambitieuse et stratège, partisane du laissez-faire économique, de la valeur du mérite et du travail, de la sécurité et de la primauté patriotique. Je compte incarner pleinement cette candidate qu’il faut au Northunderland.
Je vous remercie. Que le Sort bénisse ces terres et les enfants de la Fédération-Unie tout comme il protège notre bel Etat du Northunderland.
Aaron Schmitt :
Madame Brown, Monsieur Randerson, je vous remercie de votre participation. Vous avez donné chacun un magnifique exemple de ce qu’est un débat démocratique sain.
Aux téléspectateurs.
Nous vous remercions pour votre audience et votre fidélité. Rendez-vous dans quelques instants pour le débrief du débat en compagnie de nos experts et des partisans des deux camps conservateurs.