mar. 13 déc. 2022 22:30
Angel Flórez attendait cette question avec impatience, et s’était évidemment préparé à y répondre, ce qu’il fit tout naturellement.
En effet, Madame, ce dîner n’est pas une pure invitation de courtoisie, ce que j’aurais cependant grandement apprécié, mais je sais votre temps plus que précieux, notamment en cet intervalle à l’importance majeure, mon invitation est donc en effet motivée par une proposition.
Au-delà de l'espérance, il semble aujourd’hui qu’en adoptant une vision purement réaliste des choses, nous serons prochainement investis des charges auxquelles nous prétendons. Vous le savez aussi bien que moi, après les huit années de la Présidence Caldwell, et face à un radicalisme grandissant dans le camp conservateur, il sera nécessaire pour le Parti progressiste que la mandature présidentielle à venir soit un succès. Et bien que la victoire présidentielle soit probable, il n’est pour autant certain que l’intégralité des élus à Chambre voteront aveuglément en faveur du projet pour lequel vous serez élus à la tête de la Fédération-Unie.
Toujours, le Parti progressiste à fait face à des luttes intestines importantes, ne s’atténuant qu’en période électorale, et vous jugerez probablement nécessaire de légitimer votre programme aux yeux des représentants et sénateurs progressistes comme conservateurs modérés afin de vous assurer de leur adoption, et, plus encore, de leur pérennité. C’est une proposition visant à cette légitimation que j’ai à vous formuler…
À ces mots, l’un des serveurs du restaurant s’approcha de la table des deux personnalités d’État, et leur demanda leur choix, Angel y répondit alors.
Après une mûre réflexion, je prendrais les langoustines royales en entrée, votre pigeon à la naroisienne en plat principal, et la coque de noisettes d’Etoria comme dessert. Pour ce qui est du vin, nous prendrons un Domaine Mazaret La Grande 191, je vous prie. Et vous Madame, quel est donc votre choix ?