jeu. 24 nov. 2022 23:55
Représentant Charles-Arthur Jane : "J'entends proposer une alternative de progrès, une vision nouvelle, centrée sur le concret, la vie réelle et le vœu de bâtir une nouvelle frontière"
Bonjour Charles-Arthur Jane ! Avant de commencer nos questions, je le rappelle, vous êtes représentant pour l’Etat de Rochester et candidat aux prochaines élections présidentielles au sein de la primaire du Parti Progressiste. Tout est juste ?
Effectivement Michael, vous avez juste ! L’avantage de ne pas cumuler les postes passés, c’est qu’il est assez simple de faire une présentation exhaustive de ma carrière politique !
Justement Mr Jane, puisque que vous abordez le sujet, une question traditionnelle, mais qui se pose peut-être encore davantage pour vous: qui êtes-vous ? Derrière le candidat, qui est l’homme, son histoire, son parcours, ses origines ?
Laissez-moi en premier lieu préciser que je ne crois pas qu’il soit fondamental de voter pour la personnalité d’un candidat elle-même. La mise en scène de personnalités politiques sur le modèle de la presse à scandales et la peopolisation de la vie politique ne sont à mes yeux par des évolutions saines pour le débat d’idées.
Néanmoins, il est légitime que les électrices et les électeurs sachent quel sombre représentant ne brigue leurs suffrages en aspirant à la lumière ! Je suis donc un enfant des campagnes de l’Etat de Rochester, n’en déplaise aux candidats conservateurs qui caricaturent chaque progressiste comme de vilains bobos urbains déconnectés du pays réel. Je suis né dans un hôpital de l’Est de Sun Valley, au sein de l’Etat de Rochester. Fils de parents n’ayant pu se payer un logement décent à moins de sombrer dans les affres du surendettement, j’ai passé les premières années de ma vie dans un camp de caravanes de la banlieue. J’y ai appris les difficultés de la vie quotidienne, la drogue, les lendemains difficiles, la peur du frigo vide, mais aussi la solidarité, la résilience et le goût d’aider son prochain. Suite au divorce de mes parents, j’ai vu ma vie adolescence balloté entre le parc de caravanes et un appartement miteux de la banlieue est de Sun Valley. Une promotion de mon père à mes 16 ans m’a offert les portes d’un lycée public de quartier meilleur, et j’ai été recommandé par mes professeurs pour mon travail. Grâce au système de prêts étudiants, j’ai pu moyennant un emprunt colossal, m’inscrire en médecine à l’université d’Etat de Los Elegidos, en Arcadia. J’en suis sorti diplomé de psychiatrie en 191, et j’ai exercé ce métier pendant près de quinze ans, d’abord à l’hôpital public de Los Elegidos, puis dans diverses cliniques et hôpitaux de Rochester. J’ai voulu consacrer ma vie à améliorer la santé mentale de mes concitoyens, prouver que le travail payait et pouvait être mis au service d’une noble cause, et comprendre la psyché humaine pour mieux la soigner. Je crois que cette trinité résume assez bien qui je suis: une volonté de comprendre la souffrance ou les difficultés, d’œuvrer pour y mettre un terme, et d’agir au service de valeurs qui concrétisent les espoirs d’une meilleure société.
Enfant de la campagne, adolescent balloté entre la Sun Valley et un parc de caravanes, psychiatre renommé: rien ne semblait vous destinez à mener une carrière politique: comment en êtes-vous venu à vous engager dans l’arène ?
Une belle métaphore de la politique que celle de l’arène: un affrontement sanglant entre gladiateurs opposés, mais qui ne luttent ici pas pour leur vie, mais pour celle de leurs concitoyens ! Et c’est cette volonté de lutter dans un cadre plus large, d’aider collectivement et non plus seulement au cas par cas mes patients. J’étais engagé dans des associations locales en parallèle de ma profession, pour venir en aide aux populations des campagnes qui manquaient cruellement d’infrastructures de soin de proximité: mais j’avais l’impression de ne pas en faire assez. J’ai donc décider de donner un sens plus global à mon engagement, en me présentant localement comme représentant de l’Etat de Rochester, n’ayant peur ni du conservatisme supposé de l’Etat, ni d’un échec potentiel. Et ma campagne locale ainsi qu’un peu de coup du sort je suppose - ironique pour un homme agnostique comme moi - j’ai été élue représentant de la Fédération-Unie. L’arrivée à St Paul fut un choc ! Même si je m’habituais rapidement à ce nouveau rôle, le terrain me manquait, et je suis très heureux de retrouver l’air pur de la campagne électorale !
Encore inconnu du grand public il y a quelques semaines, vous voilà candidat a l’investiture progressiste. Quelles motivations vous ont poussé à être candidat, Mr Jane ?
Le besoin de renouvellement de notre personnel partisan et progressiste, et le sentiment que nos élus n’avaient pas collectivement compris l’impact qu’a eu la révolution conservatrice sur notre pays. En huit années, Ethan Caldwell a changé les règles du jeu politique et social, parfois en mal, mais il a réussi à nous attaquer sur notre terrain, en faisant du conservatisme la nouvelle idéologie révolutionnaire et porteuse de profonds changements. Un brin ironique pour les linguistes je suppose… Alors, lorsque j’ai constaté que les premières candidatures concernaient de vieux briscards de la politique fédérée, j’ai crains que notre parti ne courent vers une nouvelle défaite. Une défaite qui à mes yeux plongerait définitivement notre pays dans une nouvelle ère conservatrice sans retour en arrière possible, une ère piétinant les droits civiques, l’égalité sociale, les libertés de corps et d’action, ou la méritocratie chère à nos valeurs libérales. Par mon parcours, par mes convictions et par ma relative jeunesse dans le paysage politique, j’entends proposer une alternative de progrès, une vision nouvelle, centrée sur le concret, la vie réelle et le vœu de bâtir une nouvelle frontière d’espoir et de réalisations pour le peuple fédéré.
Suite aux nombreux retraits qui ont émaillé les primaires progressistes, vous vous retrouvez seul opposant demeuré sur la route de l’ancien Secrétaire Dave Leon Clement. En quoi votre candidature peut-elle constituer une alternative pertinente au candidat favori ? Ne craignez-vous pas de diviser inutilement le Parti Progressiste ?
Je ne crois pas qu’il faille confondre débat et division: les primaires doivent être l’occasion d’un débat démocratique serein et nécessaire révélant la pluralité de lignes au sein d’un parti: mais elles doivent résulter en un rassemblement, une ligne qui sera la mienne quelque soit l’issue de la primaire. Je n’ai rien personnellement contre celui que l’on surnomme DLC: j’ai la plus grande admiration pour les réalisations de l’ancien Secrétaire Clement, et je ne mène pas campagne contre lui, mais pour mes idées. Je n’avais nullement anticipé les retraits successifs de Mme Barton et de Messieurs Washington, candidat d’un jour parti trop tôt, puis Astor, retraits que je comprends, mais que j’estime dommageable pour la pluralité démocratique. Je pense également incarner une ligne de renouveau, qui tranche avec « l’aile gauche » que représenterait Mr Clement, ou le « centrisme modéré » de Mme Barton: je crois que seul compte la vision, le projet global, et sa mise en œuvre. Je crois pouvoir apporter une vision plus nuancée sur certains sujets, une capacité à faire de la politique différente, qui a tiré les leçons de la révolution conservatrice. Enfin, je pense surtout que ma candidature et celle de David Leon Clement sont complémentaires, en contribuant à enrichir le projet de progrès que portera le candidat de notre parti à la présidentielle, quel qu’il soit.
Pour beaucoup d’électeurs, vous apparaissez comme un outsider face à un candidat qui apparaît soutenu par de nombreuses figures de l’establishment progressiste. Quel résultat espérez-vous obtenir dans cette primaire, Mr Jane ?
Comme tout candidat je suppose, mon premier objectif reste de gagner, quitte à créer la surprise pour les commentateurs; peut-être Mr Harper aimera t’il parier quelques-uns de ses millions dessus, lui qui se prétend jouer de poker de qualité ? Plus globalement, j’espère incarner une ligne rassembleuse et fédérer autour d’un projet d’espérance. Je n’ai pas d’objectif chiffré, et je ne cracherais ni sur une victoire, ni sur une défaite contre un adversaire de qualité que j’estime. Mais j’espère bien montrer que les surprises existent, que partir plus populaire ne signifie pas l’emporter sur le terrain, et que la pluralité a de beaux jours devant elle dans notre Parti Progressiste !
En cas de victoire à la primaire progressiste, auriez-vous un choix favori de co-listier ? Et en cas de défaite, pourriez-vous accepter cette place ?
La place de co-listier doit permettre de rassembler le Parti, et de nommer une personnalité compétente, efficace et capable d’apporter une vision complémentaire au profil d’un candidat. C’est comme ça que je compte éventuellement sélectionner un co-listier, bien que la question ne se pose à mes yeux pas encore. Pour répondre à votre curiosité, j’ai une liste de quelques personnalités de talent que j’estime être des candidatures potentielles, sans avoir fixer un choix définitif.
Concernant la potentialité d’une victoire de Mr Clement, le choix du co-listier lui reviendrait entièrement. Je me tiendrais bien sûr à sa disposition pour agir le plus efficacement possible afin de de faire triompher sa campagne, quelque soit la place qui me soit finalement attribuée.
Dernièrement, vous avez été impliqué dans plusieurs affrontements sur Chirper avec le candidat conservateur Stanley Graham, ainsi qu’avec d’autres personnalités du camp opposé. Pensez-vous que ces polémiques aient leur place dans une campagne électorale ? Quelle place jouent le réseau social dans votre campagne ?
Il s’agit à mes yeux de nous adapter à une nouvelle réalité de la révolution conservatrice: le débat en ligne s’est fais plus violent et médiatisé, et c’est notre devoir en tant que candidats d’y répondre. Face à de nombreux faucons conservateurs sur les réseaux sociaux, qu’il s’agisse de Mr Graham, Mr Harper où Mme Wheelter, et trop peu de responsables progressistes ne se mouillent afin de démontrer les limites évidentes de leurs argumentaires. C’est pour cela que j’estime nécessaire de faire vivre le débat démocratique y compris sur les médias sociaux. Ces polémiques illustrent des prises de vues diverses et intéressent à la politique un public parfois différent, et je ne regrette pas de m’y engager, bien que j’espère trouver la juste mesure entre réponse argumentée et attaque personnelle.
Concernant le rôle de Chirper dans ma campagne, il me sert à la fois à informer ceux qui me suivent de mes déplacements de campagnes, à développer mon point de vue sur les propositions de mes adversaires, et à contribuer au débat démocratique en échangeant avec les électeurs et les autres candidats.
L’actualité internationale a récemment été marquée par le sommet des démocraties, organisé au Château d’Antemar par le président Caldwell. Quelle est votre position sur le rôle international de le Fédération-Unie, Mr Jane ? Je rappelle en effet que vous siégiez au sein de la conférence pacifiste lors de la dernière mandature.
Je crois que le rôle de notre Nation est de défendre la paix démocratique, en soutenant la résolution pacifique des conflits, le respect des droits humains et la promotion de la démocratie dans le monde. Je salue l’initiative du président Caldwell, car il est nécessaire de renforcer nos liens avec les démocraties du monde libre. Pacifisme ne rime pas avec naïveté, et les menaces sur la paix que font peser les régimes autoritaires nécessitent une réponse coordonnée et des alliances défensives fortes. Néanmoins, nous devons toujours rechercher la paix et la diplomatie, en nous appuyant sur nos garanties militaires en défense comme sur notre soft power et nos capacités diplomatiques et d’influence. C’est par une politique de paix et de défense courageuse que la Fédération-Unie pourra renouveler son rôle de leader d’un monde libre uni.
Enfin, dernière question Mr Jane: quelle serait votre première mesure si vous étiez élu demain président de la Fédération-Unie ?
Notre pays compte le taux le plus élevé de mortalité lié aux overdoses. La crise des opiacés, liée à la surconsommation médicamenteuse et au manque de capacités hospitalières comme aux carences de notre couverture de santé, est une menace majeure pour nos concitoyens urbains comme ruraux. J’entends proposer une triple réponse ambitieuse et immédiate pour répondre à cette crise:
⁃ Légale et sécuritaire, en réglementant le pouvoir du lobbying pharmaceutique pour que seuls des médicaments sains soient mis sur le marché ;
- Scientifique et médicale, en renforçant les critères de prescription et en améliorant la recherche publique de traitements sains, précis et non addictifs ;
- Hospitalière et sociale, en renforçant la prise en charge des malades, l’aide financière et l’accompagnement fourni par l’Etat et en combattant la surconsommation culturelle et les croyances qui y sont associées.
C’est un enjeu fondamental, une crise systémique que j’ai combattu durant mon parcours professionnel puis politique: président, ce sera ma première priorité.
Je vous remercie pour vos réponses Mr le candidat. Elles seront publiées dans la prochaine édition de notre journal !
Je vous remercie de m’avoir donné la parole Michael !
Ancien Secrétaire aux Affaires sociales de la Fédération-Unie